Le Laboratoire du Vélopolitain

Nous sommes en crise sanitaire, mais nos élus et les services de la métropole travaillent toujours (depuis chez eux, nous espérons). Aussi nous nous permettons d’évoquer un sujet qui n’est pas lié à cette crise sanitaire sans précédent mais qui touche fondamentalement sur le déconfinement. Transport Nantes est optimiste pour l’avenir. Notre rôle est de veiller à ce que ce futur soit beau.

Le vélo et les élections municipales

Le vélo était un sujet majeur lors de la campagne du premier tour des élections municipales à Nantes, peut-être un peu moins dans les autres communes de Nantes Métropole. La plupart des candidates à Nantes ont constaté que la part modale du vélo stagne depuis le début du mandat actuel. Chacune d'elle a présenté son plan vélo dans l'hypothèse d'une victoire au deuxième tour.

Une question naturelle s'est alors posée aux équipes sortantes : si vous pensez que vous auriez pu faire mieux, pourquoi n'avez-vous pas commencé déjà à vous améliorer ? Question sans réponse...

Le report et le plan vélo

Le report du deuxième tour nous présente un laboratoire fascinant et inédit. Il faut imaginer que chacune des candidates à Nantes a élaboré son plan vélo concret, en consultation avec les équipes de Nantes Métropole (afin d'être réalistes) et prêt à mettre en oeuvre dès le début du mandat (mi-mars, il y a deux semaines, sur le planning originel). En même temps, une crise sanitaire a rendu nos systèmes de transports collectifs beaucoup moins efficace. Lors du redémarrage de l'économie dans quelques semaines, nos trains, bus, et tramways ne pourront fonctionner qu’à une fraction de leur capacité d'il y a un mois. La distanciation sociale restera avec nous jusqu'à la généralisation d'un vaccin, prévu fin 2021 au plus tôt. Un tramway bondé n'est pas au rendez-vous dans l'immédiat.

Certains resteront en télétravail. Si ceux qui ne peuvent pas trouver leur place en sécurité dans nos transports collectifs prennent tous la voiture, nous aurons une épidémie de voiture : des bouchons, des insuffisances de parking, et des frustrations. Moins létal que le SARS-CoV-2, certes, mais toutefois à éviter.

Toute crise est aussi une opportunité

En outre, l'affluence routière sera faible pendant plusieurs semaines voire quelques mois. Quel meilleur moment pour mettre en place les tracées les plus importantes du Vélopolitain de notre métropole ? Pas besoin de couler du béton : commençons tout simplement avec des plots et de la peinture. D'une part, ça permet de créer des tracées sécurisées rapidement et à l'échelle de la métropole à un coût relativement faible. D'autre part, ça permet d'avoir tort. Les erreurs faites lors de la création de l'axe structurant quai de Barbusse seront coûteuses à résoudre. Les axes provisoires permettent à apprendre et à réagir.

La ville de New York, qui s’étale seule sur une surface supérieure à celle de Nantes Métropole, présente un exemple pertinent. New York a installé plus de 2000 km de pistes cyclables sécurisées. Si nous prenons l'objectif d'un axe structurant tous les kilomètres dans la métropole, et avec la simplification que la métropole mesure à peu près 21 x 25 km, on trouve qu'il faut construire 46 tels axes pour un total de 1050 km.

Nous ne proposons pas que le Vélopolitain de Nantes Métropole soit construit dans trois mois. Par contre, nous trouvons entièrement raisonnable de regarder comment les équipes actuelles se servent de ces trois mois qui viennent, une période durant laquelle en principe elle aurait commencé à mettre en oeuvre ses promesses.

Et c'est parti...ou pas

Dans les semaines à venir Transport Nantes présentera son observatoire du Vélopolitain. D'ici trois mois, nous avons hâte à voir si les promesses des candidates et des équipes sortantes peuvent être traduit en action ou si la reprise d'activité sera accompagné d'une épidémie parallèle de bouchons et de frustration.

Quoiqu'il en soit, Transport Nantes sera présent : à louer les progrès ou à signaler leur absence.

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